Méditation chrétienne du Québec et
des régions francophones du Canada (MCQRFC)

La condition de la prière

Dans la riche tradition de la piété chrétienne, la figure de Marie se distingue parmi tous les objets de dévotion de l’Église comme l’un des signes les plus riches et qui touche le plus, en tant que personne, de la possibilité réelle d’harmonie humaine. Tous les aspects de l’esprit humain et de sa relation avec la dimension corporelle de notre vie se trouvent réunis en Marie, en parfait équilibre : sa pureté, sa fécondité et sa maternité, sa force et son humilité. C’est précisément cet équilibre, cette harmonie intérieure de l’esprit humain et des possibilités humaines qui est la condition préalable à la prière et, en un sens réel également, la condition de la prière. C’est cet état de prière qui mène à cette conscience pleine et non déformée de notre union à l’Esprit de Jésus que les premiers Pères de l’Église connaissaient et appelaient la « vraie connaissance de Dieu » – la conversion, l’« illumination de l’œil du cœur ». La maternité de Marie est un signe, un sacrement de sa totale intériorité. Si Marie est devenue un symbole de la prière si vénéré par les premiers Pères de l’Église, c’est parce qu’ils étaient inspirés par leur expérience personnelle de l’intériorité du mystère chrétien. En Marie ils ont vu un reflet, et même l’idéal de leur propre expérience. Ils ont répondu si chaleureusement à Marie, la mère de Jésus, car ils savaient que chaque chrétien est appelé à enfanter Jésus dans son cœur. Ils savaient que, de même que Jésus avait été conçu et avait grandi corporellement en Marie, Il était non moins réellement conçu par la puissance de l’Esprit et grandissait jusqu’à sa pleine stature par la puissance de l’amour en chaque cœur humain réceptif. De même que la condition première pour que Marie accueille Jésus fut son ouverture et sa simplicité – ce que l’Évangile appelle la « pureté du cœur » –, de même la pureté du cœur est nécessaire à chaque chrétien. Community of Love

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