Méditation chrétienne du Québec et
des régions francophones du Canada (MCQRFC)

Deuxième dimanche de l’Avent 2025

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Réflexions de l'Avent 2025

Deuxième semaine de l'Avent - du 7 au 13 décembre 

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Giotto - La Vierge recevant le message (Domaine public)

 

Au XIVe siècle, Maître Eckhart aimait réveiller les gens dans ses sermons en exposant des perspectives inconfortablement nouvelles sur leur foi standardisée. Il a dû éveiller quelques paroissiens en demandant : « À quoi bon si cette naissance éternelle du Fils divin a lieu sans cesse, mais ne se fait pas en moi ? Et, que cela se fasse en moi, c'est vraiment ce qui compte. »

En fait, le grand Augustin avait posé la même question mille ans plus tôt et ajouté que si nous sommes les enfants de Dieu, nous devons aussi devenir la mère de Dieu. Si, disait-il, cette naissance de la parole éternelle en tant que Christ dans l'âme doit se produire, notre cœur – le centre le plus profond de notre être – doit devenir la crèche sacrée. Si nous sommes remplis de distraction égocentrique, il n'y a « pas de place à l'auberge », et donc le cœur doit devenir cet espace vide et ouvert où la naissance a lieu et par lequel il est accueilli dans notre monde.

Dans l'évangile d'aujourd'hui, Jean-Baptiste est habituellement et mal traduit comme disant « repentez-vous, car le règne de Dieu est proche ». Basileia, le mot grec que nous appelons « royaume », est féminin et pourrait donc tout aussi bien le traduire par « royaume ». Cela ne signifie pas un domaine juridique, mais l'espace où la présence et la grâce de Dieu sont reconnues et accueillies. Le mot évangélique, mal traduit par « repentir », est « metanoia » : un changement d'esprit et de cœur. Ce n'est pas une question de regretter des erreurs passées. Ça veut dire tourner à 180 degrés et changer complètement de perspective et d'approche de la réalité.

Vivant dans le désert, portant un vêtement en poil de chameau et mangeant des sauterelles et du miel sauvage, Jean nous semble un peu extrémiste. Les gens qui réduisent le gaspillage et reviennent à l'essentiel sont souvent traités de fous. Mais à cause de sa santé spirituelle, il attirait les foules qui lui demandaient « que devons-nous faire ? » car, comme nous, ils vivaient dans des temps confus, divisés et dangereux. Il leur disait simplement de vivre honnêtement et justement, mais que ce mode de vie les préparerait à l'arrivée imminente – et immanente – du grand transformateur de toutes choses.

La méditation est le grand simplifiateur. Cela réduit la façon dont nous gaspillons à la fois du temps et des opportunités de la vie. Dans la vie quotidienne, c'est le catalyseur de la métanoïa persistante. Le remède qui relâche l'emprise de l'illusion. D'habitude, on commence avec enthousiasme, mais avant d'atteindre les 180 degrés complets, on ralentit et on se dit : « c'est pas mal, arrêtons-nous ici ». Heureusement, si le processus de naissance a déjà commencé, il ne nous permettra pas de l'arrêter ou de le nier. Nous devons aller jusqu'au bout jusqu'à ce que ça perce dans notre monde et nous serons heureux et chanceux si nous y parvenons.

 

 

Laurence Freeman, o.s.b.

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