Méditation chrétienne du Québec et
des régions francophones du Canada (MCQRFC)

Carême 2022 – Samedi de la 2e semaine de Carême – 19 mars 2022

Réflexions quotidiennes du Carême 2022:

Samedi de la 2e semaine de Carême (2022-03-19)

Si nous ne tirons pas les leçons des erreurs du passé, nous nous condamnons à les répéter : cette vérité évidente s'applique aussi bien aux comportements personnels que politiques.

Le Carême est un temps de grâce qui nous donne une occasion accrue de découvrir ce que cela signifie. La grâce est l'influence de Dieu ressentie dans l'autonomie et la liberté, essentielles à notre être. Nous existons, dans nos problèmes quotidiens, nos joies, nos peines, le vieillissement, les erreurs et la chance, les humeurs, l'impermanence et la fidélité. Mais nous n'existerions pas si nous n'avions pas d'abord l'Être. Notre existence dépend du don de l'Être qui est le partage que Dieu, la source de l'être, fait de Lui-même. La grâce est l'influence de l'Être ressentie et agissant à travers notre existence. Lorsque nous gâchons notre existence, par des échecs individuels, ou par la criminalité géopolitique comme en Ukraine, la grâce travaille à restaurer l'harmonie entre l'existence et l'être, entre Marthe et Marie. Ce qui est étrange, c'est qu'en raison de la nature divine de tout être, la liberté humaine est respectée même sous l'influence de la grâce. Nous sommes aidés mais jamais contraints.

Autre chose étrange : l'échelle sociale et globale de l'existence humaine est parallèle à nos luttes personnelles et à nos doutes. Ce qui se passe en nous lorsque nous luttons contre une dépendance et répétons des schémas de comportement destructeurs éclaire ce qui se passe lorsque nous essayons de détruire la liberté d'un pays souverain par une violence brutale et aveugle.

Au cœur de l'enseignement de Jésus et d'autres âmes universelles éclairées se trouve la sagesse limpide selon laquelle la violence est une profanation de notre humanité commune et un crime contre la nature sacrée de la création. Elle désordonne le cosmos. Les conséquences de la violence mettent en évidence cette vérité à travers l'histoire et les cultures. Il y a des circonstances où la violence est tragiquement nécessaire, en réponse pour se défendre ou défendre des innocents. Mais même ce type de violence légitime nous fait honte dans une certaine mesure. Elle doit être contrôlée, avoir des objectifs consciemment définis et prendre fin le plus rapidement possible. D'une certaine manière, elle doit aussi être pardonnée.

Pour résoudre cette question morale, il faut une conscience claire et profonde. Maintenir un état d'esprit conscient alors même que nous nous défendons à juste titre nous aide à voir le lien entre l'individu et le social, entre l'existence et l'Être. Par exemple, une dépendance qui nuit à soi-même, comme l'abus de drogues ou d'alcool, le surmenage ou la dévalorisation de soi, produit le même schéma d'échec que lorsqu'un pays plus fort en envahit un autre et le dévaste. Les schémas de dépendance à la vodka ou à la violence révèlent les mêmes échecs et appellent à la même expérience d'apprentissage de nos erreurs.

La pensée, la réflexion et l’échange nous aident à comprendre. Mais la méditation nous détache directement de l'existence quotidienne et de la pensée pour nous mener au cœur de l'Être. Là nous attend la vérité que nous devons apprendre et la grâce nous aide à utiliser notre liberté divine pour l'accepter.

Laurence Freeman OSB

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