Méditation chrétienne et soufisme

Deux maîtres de traditions différentes se rencontrent pour partager leur vision de la méditation. Quelques paroles glanées lors de ce moment unique...

Laurence Freeman, donnant une conférence en Espagne. Source image: wccm.es

Ce 23 septembre, à la Librairie Paulines de Montréal, un moine catholique, Laurence Freeman, o.s.b., animateur mondial de la Méditation chrétienne, et Karim Ben Driss, fondateur de l’Institut soufi de Montréal, entrent en dialogue à propos de leur pratique et de leur conception de la méditation. Dès le départ, l’animateur, Michel Boyer, demande quelle est la contribution de chacune des spiritualités à notre époque :

Laurence Freeman – Le besoin de notre temps est la simplicité, l’authenticité et l’expérience personnelle. Comme c’est difficile! On a besoin du soutien des autres, d’une communauté. La méditation crée la communauté. Notre communauté comprend l’importance d’avoir une discipline intégrée à notre quotidien, la méditation. Enseignement et groupe de soutien entraînent nos concitoyens et concitoyennes à vivre la dimension contemplative au quotidien.

Karim Ben Driss [1] – Il y a en nous un élan, une aspiration vers l’être. Le soufisme, c’est le rapport à l’être. Mais nous sommes malades du cœur. Alors, ce qui prime, c’est la transformation intérieure, individuelle, pour réaliser la guérison du cœur et retrouver ses potentialités. Se manifestent alors des conséquences extérieures dans le contexte politique et social, soit révolutionner les choses.

Une autre question concernait le sens de la compassion :

Karim Ben Driss – La compassion, c’est la réalité vivante. Par compassion, il y a la lune, les marées, l’attirance entre les gens. La compassion fait partie des graines spirituelles que nous portons ensemble. Tous et toutes, nous portons le Souffle divin avec sa compassion.

Laurence Freeman – La compassion, c’est se sentir en unité avec les gens qui souffrent. Si nous sommes ouverts en nous-mêmes, on va sentir cette force d’union. Ce n’est pas de la pitié où la personne souffrante « devient objet » en dehors de nous. Avec la compassion, on est dans l’expérience de l’autre. C’est aussi la capacité de sentir la joie avec les joyeux, pas juste la souffrance.

[1] Karim Ben Driss est sociologue de formation, directeur du département des études autochtones de l’Institut culturel Avataq. D’origine marocaine, spécialiste du monde arabe et de la spiritualité musulmane, il est aussi fondateur de l’Institut soufi de Montréal où il anime chaque semaine des ateliers portant sur l’enseignement et la pratique soufis.

Extrait de Sentiers de foi, Vol. 6, no. 4, 3 novembre 2010

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