Méditation chrétienne du Québec et
des régions francophones du Canada (MCQRFC)

17 février 2022

(Photo : Laurence Freeman, Myanmar)

Sagesse du jour                      (2022-02-17)

Sans une unification de l'esprit et du cœur, les deux principaux centres de la conscience qui aspirent à ne faire qu'un, non seulement nous ne pouvons pas voir notre bonté fondamentale, mais nous ne pouvons même pas nous aimer. Nous voyons cette condition de déréliction de l'humanité dans Richard III, l'un des grands personnages tragiques de Shakespeare. Déformé physiquement dès sa naissance, il a grandi en étant la cible des moqueries et en se sachant répugnant pour ceux qui l'entouraient. Son enfance cruelle et sans amour lui a fermé le cœur et a déformé son esprit, provoquant la mégalomanie de l'archétype du tyran cruel qu'on retrouve tout au long de l'histoire. Dans les derniers mots qu'il prononce avant de mourir au combat, il voit pour la première fois sa propre division tragique, son ignorance de sa véritable nature et les conséquences cauchemardesques de cette double vision. Il se dit à lui-même : "Aucune créature ne m'aime et si je meurs, aucune âme n'aura pitié de moi" ; puis il se demande pourquoi quelqu'un devrait avoir pitié de lui, car il ne trouve en lui-même aucune pitié pour lui.

Laurence Freeman OSB,  Rediscovering oneness, WCCM Newsletter

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