Méditation chrétienne du Québec et
des régions francophones du Canada (MCQRFC)

La voie vers le silence

En méditant, nous détournons le projecteur de la conscience de nous-mêmes, c’est-à-dire d’une analyse de notre indignité centrée sur notre personne. « Si le souvenir des actions passées ne cesse de s’interposer entre toi et Dieu, déclare l’auteur du Nuage de l’inconnaissance, tu dois résolument passer par-dessus en raison de ton profond amour de Dieu[1]. » Dans la prière nous accédons à une conscience plus profonde de Dieu dans le Christ. Notre voie est la voie du silence. Et la voie vers le silence est celle du mot de prière. Les maîtres de la prière ont maintes fois résumé leurs conseils pratiques dans cette simple injonction qu’on peut lire dans Le Nuage de l’inconnaissance : « Dis ton mot. Il te suffit de choisir un mot bref d’une seule syllabe. Ensuite, fixe-le dans ton cœur, afin qu’il ne s’en détache pour rien au monde. Grâce à ce mot, tu vas pouvoir supprimer les pensées de toutes sortes[2]. » Dans sa célèbre lettre de Michaelmas écrite à Downside en 1920, le père abbé Chapman décrit l’usage simple et fidèle d’un mantra, découverte qu’il dut à sa persévérance courageuse dans la prière plutôt qu’à l’enseignement de ses professeurs. Il avait redécouvert une tradition de prière ancestrale simple ayant atteint l’Occident par le monachisme, et qui s’était transmise au monachisme occidental par l’intermédiaire de Jean Cassien à la fin du ive siècle. Cassien lui-même l’avait reçue des saints hommes du désert, qui faisaient remonter son origine aux temps apostoliques. Un mot dans le silence, un mot pour méditer [1] Op. cit., ch. 6. [2] Op. cit., ch. 7, 39.

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