Méditation chrétienne du Québec et
des régions francophones du Canada (MCQRFC)

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Troisième dimanche de l’Avent 2022

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Troisième dimanche de l'Avent          (2022-12-11)

Aujourd'hui, c'est le grand jour de Jean Baptiste, où il est mis sous les projecteurs. Jésus, qu'il a reconnu et baptisé comme son successeur, le reconnaît maintenant publiquement et témoigne de son importance unique en tant que pont entre l'ancienne et la nouvelle configuration, entre la Loi et le Royaume. Il n'y a pas entre eux la compétitivité gênante qui se manifeste entre les leaders du monde de la politique, de l'université, du showbiz ou des affaires. C'est peut-être parce que Jésus sait que les uns et les autres sont voués à un échec catastrophique. Nous rivalisons rarement avec quelqu'un pour gagner le plus grand échec.

Pour chacun d'eux, leur sagesse s'est forgée dans l'expérience du désert. Après eux viendra une armée de disciples qui seront aussi des habitants du désert et qui décriront la science de la pratique du désert fondée sur l'art de la prière du cœur. Comme le savent tous les habitants du désert - y compris tous les méditants - le travail se fait simultanément dans le corps, à travers les nombreux niveaux du mental et avec la puissance de l'esprit.

La première étape de cette acquisition de la sagesse est la plus courte : l'enthousiasme qui vous fait débuter avec la première ferveur de la conversion ou de l'attachement romantique ("J'ai trouvé ce que je cherchais depuis toujours !"), mais qui exige ensuite de nous engager ou de passer à autre chose.

Si nous choisissons de nous engager, nous réduisons les options, avant de connaître la dilatation du cœur, et vient alors l'acédie. Nous sommes à l'ère de l'acédie, difficile à reconnaître et facilement confondue avec de la dépression (ou peut-être en est-ce une forme). L’acédie signifie littéralement un manque de soin, de préoccupation et de précision. Cela nous rend négligents dans notre travail et incapables de profiter des choses qui nous apportent habituellement du plaisir. Les symptômes sont l'excès de sommeil, la suralimentation, les pensées suicidaires, la culpabilité de perdre son temps, de regarder des émissions de télé-réalité. La dynamique toxique en est la résistance à l'invitation à l'amour.

Après avoir traversé l'acedia, nous entrons dans l'apatheia, qui est le contraire de l'apathie. C'est la santé pleinement énergisée de l'âme et une puissante égalité d’humeur. Elle libère la créativité et la compassion, comme des ressources naturelles qui s'écoulent librement. Dans les bons jours, cela confère la spontanéité de célébrer et de louer. Dans les mauvais jours, cela nous donne la stabilité nécessaire pour rester à flot et traverser les vagues.

Les maîtres du désert disaient que l'agapè est l'enfant de l'apatheia. C'est l'amour de Dieu pour nous qui provoque notre amour réciproque pour Dieu, illimité et terrifiant, mais séduisant, inconditionnel.

Lorsque ce cycle de l'expérience du désert se répète suffisamment chez les élus, il produit les prophètes que nous attendions et, finalement, celui que nous attendons tous depuis le début.

Laurence Freeman, OSB

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