Méditation chrétienne du Québec et
des régions francophones du Canada (MCQRFC)

Réflexions de Laurence Freeman présent à la COP26

2e Réflexion du Père Laurence Freeman, présent à la COP26, 2 novembre 2021

En franchissant le contrôle de sécurité du hall d'exposition, mon petit sac à dos a fait sensation. On m'a demandé si j'avais une lame à l'intérieur. Lorsque je leur ai montré ma petite cloche de méditation - un tube métallique creux, de six pouces, avec la sonnerie en bois placée dans la base en bois - ils ont eu l'air encore plus suspicieux et ont demandé ce que c'était. Le plus simple étant de l'utiliser, j'ai retiré le bâton de sonnerie et fait sonner la cloche. Je ne dirai pas que tout le centre de conférence est devenu merveilleusement silencieux, mais au moins il a eu l'air surpris et soulagé.

Pour tout méditant, le but de cette petite chose aurait été évident. Si vous ne savez pas, vous ne savez pas - et l’ignorance engendre la peur. De nombreux stands et étals autour du centre présentent des innovations technologiques brillantes et inspirantes qui montrent l'humanité sous son meilleur jour. Au déjeuner, j'ai discuté d'une solution d'énergie solaire pour répondre aux besoins de Bonnevaux et j'ai appris des choses que je ne connaissais pas et vu des options que j’avais ignorées auparavant. Je me suis demandé si mon petit appareil de technologie non numérique permettant de chronométrer la méditation n'avait pas un rôle à jouer dans la construction de la conscience nécessaire pour libérer les meilleurs anges de la nature humaine. Pendant mon exposé, le vacarme de la salle, avec des milliers de conversations différentes qui dansaient les unes autour des autres comme le grondement de la circulation sur une autoroute, était un bon exemple de notre mental au début d'une séance de méditation. Après un silence partagé, quelqu'un a dit combien il était surprenant de pouvoir méditer, même dans ces conditions et, d'une certaine manière, combien le bruit était différent après. Il était toujours là, mais devenait un adversaire moins important. Cela nous a amenés à discuter de la possibilité de gérer différemment une convention aussi importante que celle-ci.

Nous sommes devenus une culture de réunions. Nous semblons avoir besoin de nous réunir, en ligne ou en personne, pour discuter de tout et souvent la principale décision est de tenir une autre réunion. Prendre des décisions demande de la foi en soi-même et du courage face à la possibilité d'un échec. Il ne reste plus beaucoup de temps à la planète, mais nous avons encore peur de prendre une décision et d'être unifiés. La foi, le courage et la confiance sont au plus bas.

Bien sûr, les méditants diront qu'il devrait y avoir plus de méditation lors de ce genre d'événement et cela semblera bien intentionné, mais il est peu probable que cela se produise. Pourtant, pour ceux qui reconnaissent la raison d'être de la cloche - et qui savent ce que l'expérience du silence peut signifier pour une meilleure communication et une unité d'objectif - cela a du sens. Et la possibilité d'améliorer notre culture des réunions semble plus réaliste. Est-il vraiment irréaliste d'imaginer un monde meilleur où il serait normal - parce qu'efficace - que chaque réunion commence par quelques minutes de silence, et que les discussions passionnées et divergentes soient désamorcées en suspendant puis en reprenant la conversation ?

La crise environnementale, comme le Covid, est un problème en soi qui appelle des solutions spécifiques. L'humanité est ingénieuse et la nature (dont nous ne sommes pas des observateurs mais des participants) a une capacité d'auto-guérison qui dépasse notre compréhension mais dont nous faisons en permanence l'expérience. Hier soir, je suis rentré de la COP pour participer à la dernière des sessions de Barry White sur la santé qui ont enrichi et éclairé tant de personnes cette année. Avec la crise climatique si présente, ce fut une révélation frappante de ce que signifie la guérison. Pour conclure le déploiement de son modèle de santé, Barry l'a résumé avec une simplicité remarquable et profonde. Il a fait la distinction entre la santé superficielle et la santé profonde. L'attention pure est la guérison. L'attention facilite une guérison plus profonde du patient et du clinicien. L'attention mène à l'objectif humain commun d'une santé plus profonde, tandis que la distraction y échoue.

Si l'on peut entendre cela de la bouche d'un médecin contemplatif et l'appliquer à chaque problème et opportunité auxquels nous sommes confrontés, pourquoi ne l'entend-on pas plus souvent ? Mais c'est ainsi. Nous devons apprendre à écouter, même dans le vacarme de nos moyens de communication, où cette sagesse trouve son expression : "l'espoir de la guérison du monde réside dans un plus grand nombre de sages". Le rôle de communautés comme la nôtre, qui travaillent avec d'autres à la même vigne, est essentiel. Ce qui a été perdu doit être recherché pour que nous puissions le retrouver à temps.

J'ai été ému récemment d'entendre un chef religieux qui médite. Il m'a confié qu'il était presque désespéré par le type de langage religieux qu’on attendait de lui. Parler de Dieu d'une manière qui le mettait à l'extérieur, qui le transformait en un potentat plutôt qu'en une puissance créatrice et aimante et qui devenait un totem tribal. Les grands centres de congrès ne sont pas les seuls à devenir si bruyants qu'ils rendent la communication difficile. Ce sont aussi nos églises, nos mosquées, nos synagogues et nos temples. Notre crise appelle un nouveau type de religion, renouvelée par des mots qui révèlent le silence qui nous unit, qui guérit la division et qui rend les meilleurs anges de notre nature capables de nous aider à nous ressaisir.

Le message qui flotte dans l'air est un message d'espoir, plein de résilience et d'optimisme, même face à des difficultés écrasantes. Il ne s'agit pas d'un salon professionnel, même s'il en a l'apparence, mais d'un rassemblement des meilleures ressources humaines.

Laurence Freeman, OSB,

 

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Lien pour voir la présentation

du père Laurence Freeman, bénédictin,

à la COP-26 de Glasgow, le 2 novembre 2021:

https://www.youtube.com/watch?v=oEuIXA2iKIY&t=3s

durée:  38 minutes 54 secondes

(lien sans la présentation du début et les questions de la fin)

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Puisque c'est en anglais, et que c'est sur YouTube,

il y a possibilité de voir des sous-titres en français,

 

Comment faire ?

Dans le bas de la fenêtre YouTube, vers la droite,

il y a les paramètres (genre de petite roue dentelée ronde),

en cliquant dessus on peut voir les "sous-titres............... désactivés"

il faut cliquer sur "désactivés" on pourra alors y activer les sous-titres,

en cliquant sur "Anglais (généré automatiquement)"

on verra alors "traduire automatiquement" en cliquant dessus,

une série de langages apparaîtra,

en descendant dans cette liste, on clique sur "Français"...

les sous-titres apparaîtront alors en français.

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Voici maintenant le lien correspond à la totalité de ce qui a été présenté ,

y compris la présentation du début et les questions à la fin:

https://www.youtube.com/watch?v=To5EuqVg9Tw

durée:  58 minutes 40 secondes

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