Méditation chrétienne du Québec et
des régions francophones du Canada (MCQRFC)

Deuxième semaine de l’Avent 2021

Deuxième semaine de l'Avent 2021   (5 décembre)

La parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie. Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu. (Lc 3, 1-6)

Luc aime placer l'histoire qu'il raconte sur Jésus dans le contexte de l'histoire du monde. D'après le récit qu’il fait des dirigeants politiques au pouvoir lorsque Jean-Baptiste, un parent de Jésus, commença à prêcher, nous savons qu'ils avaient tous deux environ 30 ans lorsqu'ils apparurent sur la scène publique.

En nous, une petite partie croit que nous ne grandissons jamais vraiment. Malgré toutes nos expériences, nous avons le sentiment d'une identité qui se poursuit depuis nos premiers souvenirs. Même si "j'ai changé au point d'être méconnaissable", nous reconnaissons le "je" qui a changé. Et puis il y a nos questions, nos intérêts, nos problèmes, nos fantasmes et nos peurs. Nous pouvons mieux les gérer ou les camoufler en gagnant en maturité, mais ils sont essentiellement inaltérables. Ils ont été inculqués tant par nos gènes que par notre environnement et nos expériences affectives les plus précoces. Les tournants de notre histoire personnelle, quoi qu'il se passe dans le monde qui nous entoure, sont dans la manière dont nous entendons notre appel personnalisé et dont nous y répondons.

Jean le Baptiste est le dernier des prophètes de l'ancien temps. Dans la caricature moderne, il est drôle - drôle dans le sens ‘bizarre’ et non ‘humoristique’. On le dépeint à moitié nu avec des dreadlocks, se nourrissant d’insectes et de miel et criant aux gens, sur le quai où ils attendent le train du matin, que la fin du monde arrive à cause de la dégénérescence des temps. Pourtant à son époque, il fut perçu différemment. Les gens affluaient vers lui avec la plus fondamentale de toutes les questions éthiques : « Que devons-nous donc faire ? » Sa réponse était simple : partager ce que l'on a, ne pas exploiter les autres, ne pas abuser du pouvoir, pratiquer l'intégrité.

Jusqu'à présent, il est reconnaissable. Nous voulons toujours entendre ce que les prophètes de notre époque ont à dire, même si nous avons du mal à distinguer les vrais des faux, la théorie du complot de la vérité toujours plus nuancée. Comment réapprendre à faire confiance ? Peut-être par cette autre chose qu'il leur a dit de faire : se repentir et demander le pardon de nos péchés. Et comment se rappeler ce que signifient réellement le repentir et le péché sans se culpabiliser ou se considérer juste parce que repentis et convertis ? Peut-être en se rappelant pourquoi Le Nuage de l'Inconnaissance dit que "ce travail (de la méditation) assèche en nous la racine du péché ".

Il y a une certaine tristesse et une impression de fin d'époque dans ce jeune homme fervent, condamné et prophétique, touché par la parole de Dieu et conduit à prêcher dans la vallée du Jourdain. Mais d'un autre côté, il est aussi marginal. À deux pas de lui se trouve quelqu'un, en fait un parent plus jeune, doté d'un autre type de charisme, dont on dira un jour qu'il incarne lui-même la Parole de Dieu et que le connaître, même un peu, signifie être changé au point d'être (presque) méconnaissable.

Laurence Freeman OSB

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