Méditation chrétienne du Québec et
des régions francophones du Canada (MCQRFC)

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Carême 2023 – Vendredi saint – 7 avril 2023

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Réflexions quotidiennes du Carême 2023 :

Vendredi saint (7 avril 2023)

           

Pourquoi me frappes-tu ?

Jn 18-19

Combien de nos voisins ou collègues ont une idée de ce que nous faisons ces jours-ci ? Et s'ils nous posaient la question et que nous répondions quelque chose comme "eh bien, Jésus était un être humain merveilleux. Il a été tué parce qu'il était si bon et après trois jours, il est revenu à la vie et c'est ce que nous célébrons. C'est ce que nous célébrons. C’est sympa. Venez donc vous joindre à nous."

Nous pourrions être plus intellectuels et dire : "Les philosophes disent que Dieu est mort. C'est indéniablement vrai si, par Dieu, vous entendez l'idée de Dieu que l'Église institutionnelle a inscrite dans la chrétienté culturelle pendant des siècles. Dualiste, punitif et définitivement masculin. Mais en fait, la mort de Jésus marque déjà la mort de cette image millénaire de Dieu. Lorsque Jésus dit : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?", il abandonne ce Dieu au Dieu (non spécifiquement genré) qu'il appelle abba, celui à qui il demande de pardonner à ceux qui le tuaient. Le Dieu vivant non dualiste qui donne son amour aux bons comme aux méchants. En apprenant qui était Dieu pour Jésus, nous avons déjà dit aurevoir à l'ancien et sommes entrés dans une nouvelle ère.

Mais le Vendredi Saint est bien plus que cela. Le Dieu paternaliste et hiérarchique a été déposé, même si sa vie après la mort est très résistante et qu'il y a toujours une campagne en cours pour le rétablir sur son trône. Avec la mort de ce Dieu, cependant, une compréhension tout à fait différente de Dieu s’est révélée, en particulier chez les mystiques. Le Vendredi saint marque donc la mort de l'ancienne idée de Dieu et la révélation d'un Dieu si intimement lié à l'être humain qu'il a pu mourir physiquement dans le corps de Jésus.

La Croix n'est pas une tragédie vengeresse pour payer à Dieu ce que doit l'humanité pour le péché. C'est l'humanité qui se fait laver les pieds à contrecœur et à qui l'on dit que l'union de Dieu et de l'être humain est désormais accomplie. Le potentiel humain a été élevé au-delà de ses limites. Ce changement dépasse tout ce dont l'intelligence artificielle ou les modifications génétiques peuvent rêver. Dans ces réflexions, j'ai souvent parlé de "l'union des opposés". La Croix est le grand enseignement du paradoxe et de l'union : la cruauté et l'inhumanité qu'elle montre mettent en accusation les êtres humains, et non Dieu. Pourtant, elle est une révélation tout aussi puissante de la tendresse cosmique, du pardon divin et de l'accueil de l'autre que nous imaginons faussement être un ennemi.

Dans le théâtre sacré du Triduum à Bonnevaux, à trois heures cet après-midi, nous vénérerons la Croix. C'est toujours un moment de profonde émotion. Personne n'est obligé de s'agenouiller et d'embrasser le bois de la croix, et si on le fait, personne n'a à expliquer pourquoi. Nous choisissons la terrifiante liberté ouverte par la mort de Dieu et Jésus transforme cette terreur en paix. Rumi l'a compris :

J’ai appelé derrière ta porte :

"Les mystiques se rassemblent dans la rue. Sors !"

"Laissez-moi tranquille, je suis malade."

"Peu importe que tu sois mort !

Jésus est ici et il veut ressusciter quelqu'un !"

Laurence Freeman, o.s.b.

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