Méditation chrétienne du Québec et
des régions francophones du Canada (MCQRFC)

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Carême 2023 – Vendredi après les cendres – 24 février 2023

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Réflexions quotidiennes du Carême 2023 : 

Vendredi après les Cendres (24 février 2023)

Avez-vous déjà essayé de tirer sur une porte qui ne peut s’ouvrir qu'en la poussant ? On se sent frustré, en colère ou simplement stupide jusqu'à ce qu'on comprenne son erreur, qu'on pousse doucement et qu'on voit la porte s'ouvrir sans effort. Toute la force et la colère dépensées pour essayer de contraindre la porte à agir contre sa nature, votre volonté contre la sienne, toute cette énergie gaspillée s'évapore soudain. Nous pouvons même rire de nous-même (et nous le devrions).

C'est ainsi que nous apprenons, en échouant et en nous sentant stupides, afin de pouvoir voir plus clairement à travers la lentille de l'échec. "Bienheureuse faute", chanterons-nous lors de la veillée pascale dans quelques semaines. On ne comprend pas toujours la célèbre citation de Samuel Beckett sur l'échec. Elle pourrait être notre koan de Carême :

Tu as essayé. Tu as échoué. Peu importe. Essaye encore. Échoue encore. Échoue mieux.

Cela pourrait être l’appel au succès d'un conférencier inspiré et macho disant, pour stimuler l’ego, que si vous n'abandonnez pas, vous finirez par battre tout le monde et réussir brillamment. La vision de Beckett après la Seconde Guerre mondiale était plus sombre. Après les échecs catastrophiques de la civilisation occidentale à être civilisée, la vie lui apparaissait comme une tragicomédie se terminant par l'échec inéluctable du corps et de l'esprit dans la mort. Dans quelques semaines, le Vendredi saint le confirmera. La régression que nous avons connue ces dernières années dans une culture politique de tromperie et de violence brutale montre que le péché fait toujours son retour. L'échec est un compagnon constant, alors ne vous fiez pas à l'orgueil qui accompagne le succès. Néanmoins, même dans cette vision sombre, ou peut-être seulement dans celle-ci, se trouve une lumière inextinguible d'espoir.

Le retour au présent la fera toujours renaître. Comme l'ont dit Maria et Albert, nos coordinateurs en Ukraine, "Nous sommes en guerre. C'est le moment de méditer". L'esprit contemplatif découragé par l'échec est réactivé par la contemplation. Cela nous permet de comprendre le rôle nécessaire que jouent la sagesse et la pratique contemplatives dans toutes les affaires humaines. Quel que soit notre échec dans la méditation, elle nous amène plus loin. Tout d'abord, elle nous permet de répondre plutôt que de réagir aveuglément. Rappelez-vous qu’une porte s'ouvre sans effort (ou avec un minimum de pression) lorsqu'on l'invite à le faire selon sa vraie nature. Combien elle semble résistante et négative lorsque nous utilisons la force contre sa nature.

C'est comme faire sonner le gong lors de la méditation. Certaines personnes attaquent le bol comme s'il s'agissait d'un appel au combat. Il existe une vidéo de 15 minutes montrant un moine zen qui explique gentiment comment "inviter la cloche à sonner". La non-violence dans nos vies personnelles - partout et en tout temps - commence par la façon dont nous prions. La façon dont nous prions révèle ce que nous sommes (que nous l'appelions "prière" ou non). Poussons-nous contre la porte de Dieu, en opposant notre volonté et notre identité à la sienne, ou laissons-nous la porte de la métanoïa l'ouvrir doucement ?

Le moment délicat entre pousser et tirer est l’immobilité du présent.

Laurence Freeman, OSB

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