Méditation chrétienne du Québec et
des régions francophones du Canada (MCQRFC)

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Carême 2023 – Samedi après les cendres – 25 février 2023

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Réflexions quotidiennes du Carême 2023 : 

Samedi après les Cendres (25 février 2023)

Ouvrir une porte ouverte peut être une invite ou faire peur si vous ne savez pas ce qui se trouve de l'autre côté. Un moment traumatisant de mon enfance fut d’entrer dans une pièce, de poser ma main sur le mur pour allumer la lumière et de sentir une main froide recouvrir la mienne. Tous les films d'horreur que j'avais vus se sont précipités dans mon corps et j'ai découvert ce que signifie avoir le cœur qui s'arrête, figé par la peur.

De la même manière, les nouvelles opportunités, les portes qui s'ouvrent sur de nouvelles pièces au cours de notre vie, peuvent nous remplir d'espoir mais aussi d'anxiété ou de crainte. De l'extérieur, les portes fermées peuvent sembler nous exclure froidement. De l'intérieur, la même porte peut nous apporter la sécurité et la paix. Jésus nous dit d'entrer dans la chambre intérieure, ce qui signifie que nous devons d'abord ouvrir et franchir la porte. Cela demande du temps, du courage et de la persévérance. Qu'y a-t-il à trouver dans cet espace non ouvert en nous ? Il faut passer par l'inconscient pour l’identifier, puis ouvrir et passer la porte du cœur vers la chambre intérieure. Ces étapes peuvent prendre des années car le cœur est bien plus profond que l'inconscient.

Dans la Chandogya Upanishad, nous trouvons une description de ce que nous trouvons dans cette chambre intérieure :

Dans le cœur, l'espace est aussi grand que l'espace extérieur. Le ciel et la terre s'y trouvent, ainsi que le feu et l'air, le soleil et la lune, les éclairs et les étoiles. Tout existe à l'intérieur de cet espace, dans le moi incarné – quoiqu’il ait ou n’ait pas.

Ce n’est pas la main d'un fantôme, mais l'étendue de tout l'espace. Le corps est la cité de Dieu, c'est pourquoi nous sommes exhortés à aimer et à honorer notre corps. La Katha Upanishad nous en dit davantage sur ce qui habite cette pièce intérieure et qui se trouve pourtant là sans rien déplacer : dans la pièce sans prendre de place.

Cet être, de la taille d'un pouce, habite au plus profond du cœur. Il est le seigneur du temps, du passé et du futur. Après l'avoir atteint, on ne craint plus rien. Il est, en vérité, le Soi immortel.

La source de la plus grande transformation humaine se trouve toujours dans la rencontre interpersonnelle. Ne trouver ne serait-ce qu’un être personnel dans notre chambre intérieure peut ressembler au choc que j'ai eu, enfant, lorsqu'une main étrangère invisible a recouvert la mienne dans l'obscurité. Mais cela ne nous remplit pas de peur. Cela supprime la peur si bien que l'autre immense est intimement connu comme un autre moi-même, l'ami recherché de tout temps et à présent trouvé.

Laurence Freeman, OSB

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