Méditation chrétienne du Québec et
des régions francophones du Canada (MCQRFC)

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Carême 2023 – Jeudi de la 1re semaine de Carême – 2 mars 2023

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Réflexions quotidiennes du Carême 2023 :

 Jeudi de la 1re semaine de Carême (2 mars 2023)

J'ai une confession à faire. Je vous ai trompés, ou du moins certains d'entre vous. La photo de cette semaine que j'ai prise d'une chèvre broutant sur la route des Rocheuses canadiennes n'est en fait pas une chèvre mais un mouton canadien ou mouflon d'Amérique. J'aimerais remercier le méditant de l'Alberta qui m'a corrigé. En fait, c'est un heureux défaut car le but de la réflexion était de dire que le jugement et la séparation des moutons et des chèvres dans l'évangile de ce jour n'est pas toute la perspective ni le dernier mot. Ce jugement peut sembler troublant, dualiste et punitif, même si la différence entre les brebis et les chèvres dans la parabole concerne le niveau de compassion de la réponse à la souffrance et aux besoins des autres. ("Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim et t'avons-nous donné à manger ?")

J'ai suggéré qu'il y a une étape au-delà de ce jugement de séparation, dans l'amour de Dieu qui englobe tout, qui n'est pas punitif et qui se répartit également entre les bons et les méchants. Les esprits purement moralistes et dualistes n'aime pas du tout ce genre de Dieu ni la prière qui nous éveille à Lui. Cet amour crée une transformation qui fait des deux un seul. Les chèvres deviennent des brebis et les brebis se retrouvent dans les chèvres. Peut-être que le moment de cette unité est toujours en train d'arriver au détour de la route, mais nous ne pouvons pas le voir tant qu'il ne nous a pas frappé de plein fouet. La puissance qui produit cette conscience unifiée et cette métanoïa est la même grâce qui nous soutient et nous pousse au détachement. Nous vivons et nous nous mouvons dans la grâce comme nous le faisons dans l'atmosphère terrestre qui est une enveloppe contenant tous les gaz dont nous avons besoin pour survivre. Nous la considérons comme acquise mais, consciemment ou non, nous la recevons à chaque respiration et mouvement comme un don gratuit. Tout ce que nous avons à faire est de la recevoir, même si nous ne ressentons pas de gratitude. La gratitude s'éveille lorsque nous comprenons.

Un jeune couple qui se prépare au mariage peut avoir différents modes de spiritualité. Ils peuvent pourtant être profondément unis par le sens du mystère de leur amour et des coïncidences et schémas étranges qui les ont amenés à se rencontrer et à s'aimer assez profondément pour que chacun se voie dans l'autre. En nous tournant vers l'intérieur, comme dans l'expérience de la nature sauvage, le désert, nous trouvons dans cet espace intérieur sans limites, aussi grand que le cosmos extérieur, "l'amour qui fait bouger le soleil et toutes les étoiles".

Le cœur humain affamé et fatigué par la guerre trouve la paix en voyant que la paix au-delà de l'entendement est toujours là. Dans un premier temps, elle procure partiellement un nouveau type de bonheur. Mais dans le désert du Sahara, les températures chutent en moyenne de 42 degrés Celsius. Comme le découvrent les mystiques, Dieu est aussi un désert sans imagination auquel nous apprenons à nous adapter. L'adaptation est une métamorphose de ce dont nous ne pouvons nous passer et que nous ne pouvons pourtant pas contrôler. C'est parfois une montagne russe de désolation et de consolation, de montée et de descente. Le grand poète du parcours intérieur, George Herbert, décrit cela dans l'un des plus beaux poèmes anglais, la Fleur :

Voici tes merveilles, Seigneur de puissance,

Tuer et vivifier,

descendre en enfer

Et monter au ciel en une heure

Transformer la chèvre et le mouton qui sont en nous en un seul est un travail difficile. Pensons-nous toujours que la méditation ne sert qu’à diminuer le stress ?

Laurence Freeman, OSB

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