Méditation chrétienne du Québec et
des régions francophones du Canada (MCQRFC)

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Carême 2023 – Dimanche de la 4e semaine de Carême – 19 mars 2023

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Réflexions quotidiennes du Carême 2023 :

Dimanche de la 4e semaine de Carême (19 mars 2023)

Jn 9, 1-41

C'est l'histoire de la guérison de l'aveugle-né par Jésus. Après la guérison, ses disciples demandent à Jésus : "Qui a péché, cet homme ou ses parents ?" Une vision naïve du karma. Si un malheur arrive, c'est que quelqu'un a fait quelque chose de mal pour le mériter. Jésus, qui incarne une loi supérieure au karma, affirme que dans ce cas, personne n'a péché. La signification de la cécité et sa guérison sont une manifestation de la miséricorde.

Jésus disparaît alors dans la foule, mais l'homme qu'il a guéri est victime de la jalousie des Pharisiens. Ne pouvant nier ce qui s’est produit, il est jeté dehors. Jésus l'apprend et le recherche pour que la guérison qu'il a opérée soit transformée en guérison complète. La signification symbolique de l'événement se manifeste lorsque Jésus révèle sa véritable identité à l'homme. Cette révélation n'est pas décrite du point de vue de l'homme, comme la glorieuse révélation de Krishna à Arjuna dans la Bhagavad Gita, mais quelque chose de tout à fait bouleversant, qui dépasse l'esprit ordinaire, est révélé à l'homme. Ce dernier déclare sa foi, se prosterne devant Jésus et l’adore.

La dernière partie de l'histoire fait un zoom arrière sur les pharisiens qui ont assisté à tout cela et tentent en vain de poursuivre leur confrontation avec Jésus. Il dit en réponse : "Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement", ce qui contredit ce qu'il dit à une autre occasion (Jn 12,47) : "Je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour le sauver (le guérir)". La signification plus large et profonde d'une chose dépend de la manière dont elle et son contraire peuvent se rejoindre.

Au XVe siècle, Nicolas de Cues revenait de Constantinople où il avait participé à une tentative infructueuse de réunification des Églises d'Orient et d'Occident. Il raconte qu'au cours de son voyage, il eut une vision mystique qui lui fit comprendre que le "nom le moins imparfait pour Dieu" était "l'union des contraires". Jésus dit qu’il n’est pas venu pour juger et il dit qu’il est venu pour un jugement.

Le mot grec pour "jugement" nous donne le mot de crise, fréquemment utilisé dans nos bulletins d'information actuels. Les crises nous jugent ; elles nous obligent à enquêter, à peser les différents aspects en jeu et à décider de ce qu'il faut faire. Tous cela relève du jugement. Le blâme et la condamnation peuvent être nécessaires, mais ils ne constituent pas l'essence d'un jugement juste. Les pharisiens, en revanche (nous avons une tribu de pharisiens qui opère en sous-main dans notre psychisme) étaient des juges sévères et injustes qui condamnaient d'emblée avant d'avoir réfléchi à l'affaire. Ce sont ces méchants juges, qui agissent en nous inconsciemment, que Jésus juge et appelle à sortir de leur cachette pour entrer dans la lumière de la conscience. Être ainsi appelé à la connaissance de soi, c'est guérir de la domination de l'ego dans la psyché, être sauvé de notre côté obscur.

Nous vivons dans une culture où le jugement est très présent. Parfois, sur les médias sociaux, cela génère l'esprit collectif violent d’une foule lyncheuse. Lorsque quelqu'un, en particulier une personnalité qui a été mise sur un piédestal, voit son côté sombre exposé, jugeons-nous dans le bon sens ou, sous l'emprise de notre ombre, nous précipitons-nous sur la condamnation et la vengeance ? Jésus ne dit pas que nous devons cacher notre part obscure. Mais il dit que si ceux qui ne peuvent pas voir nient leur propre cécité, ils sont coupables d’une faute qui leur colle à la peau d'une manière très laide et dangereuse.

Laurence Freeman, o.s.b.

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