Méditation chrétienne du Québec et
des régions francophones du Canada (MCQRFC)

Carême 2022 – Mercredi de la 5e semaine de Carême – 6 avril 2022

Réflexions quotidiennes du Carême 2022:

Mercredi de la 5e semaine de Carême (2022-04-06)

Vous souvenez-vous de l'époque où vous lisiez des cartes pour vous rendre là où vous alliez ? Tout le monde à Londres avait un "Londres de A à Z" portant le nom de chaque petite ruelle, même si, bien sûr, l'endroit où vous alliez se trouvait toujours illisible sur le bord de la page. Aujourd'hui, nous nous reposons dans la grande passivité du GPS, guidés par la voix de votre choix à partir de deux satellites qui tournent autour de la planète et vous corrigent avec la patience implacable du Saint-Esprit chaque fois que vous désobéissez à ses instructions.

Des cartes et des instructions aident à naviguer dans les nombreux tours et détours de la vie. Sans les repères qu'elles donnent, nous pouvons nous sentir à la dérive. Le jeune qui m'a dit : "J'ai ce que je voulais. J'ai réussi. Mais je me sens complètement perdu" était un errant qui se sentait sans chemin ni sens de l'orientation. Il avait espéré que sa destination serait de se sentir chez lui. Mais il n'était plus relié au savoir que ce chez soi est la direction dans laquelle nous voyageons d'un instant à l'autre.

Nous surestimons facilement les cartes, les systèmes, les explications et même les sages paroles d'orientation. Ce qui compte vraiment, c'est d'être chez soi dans les transitions de la vie. Par exemple, dans le jargon spirituel, nous parlons de "niveaux de conscience" et dessinons des diagrammes qui nous donnent l'impression de mettre de l'ordre dans la confusion créée par tout ce qui dérape et saute d’un sens à l’autre.

En regardant des cartes ou des diagrammes ou en écoutant de brillantes théories, on peut avoir l'impression de regarder une série qui fait de grands bonds d'un niveau à l'autre. Des bonds que nous n'avons peut-être pas le courage ou l'énergie de faire. Mais considérez la vie comme une série de pièces reliées entre elles dans un musée plein de découvertes fascinantes et délicieuses du passé et d'aperçus séduisants de futurs possibles. La porte d'une pièce à l'autre est toujours ouverte. Nous ne sommes pas enfermés dans notre pièce actuelle. Il n'y a aucune raison de craindre l'expansion de notre sens du moi en passant d'une pièce à l'autre.

Vous pouvez regarder le plan du musée sur le mur, mais l'expérience qui compte vraiment n'est pas sa mémorisation, mais la quête et la découverte. Lentement apparaît le sentiment de la forme de la structure que nous explorons, qui devient notre propre forme.

Cela prend du temps - quarante ans d'Exode ou quarante jours dans le désert. Nous avons peur d'errer et voulons revenir en arrière, mais la peur se change en émerveillement et le passé se transforme par ce que nous découvrons du présent. Ô joyeux Carême. Ô Ukraine courageuse, tenez bon.

Laurence Freeman OSB

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