Méditation chrétienne du Québec et
des régions francophones du Canada (MCQRFC)

Carême 2022 – Mardi de la 1re semaine de Carême – 8 mars 2022

Réflexions quotidiennes du Carême 2022:

Mardi de la 1re semaine de Carême (2022-03-08)

Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. (Mt 6,7-15)

Il sera difficile pour les Ukrainiens ou pour le reste du monde de pardonner aux dirigeants russes et à leurs partisans. Nous devons commencer dès maintenant avant que la force obscure n'implose et ne se détruise - et combien d'autres en dommages collatéraux - comme elle le fait toujours. Seul le pardon né de la sagesse et d'une réelle vision empêche ou retarde le regroupement de cette force. Rappelez-vous comment le diable qui a tenté Jésus au désert l'a laissé pour "revenir au moment voulu".

Dans une mentalité individualiste, le pardon est pratiquement impossible à atteindre. L'individu victime du péché est bloqué dans un état d'indignation face à l'injustice qu'il a subie et se voit avant tout comme une victime. Cette attitude est naturelle et doit être traitée avec beaucoup de compréhension et de sensibilité. Mais elle est inadéquate et empêche la guérison complète et le rétablissement de relations saines. C'est le piège de la culture de la vendetta, qui alimente une vie dans l'attitude d’"œil pour œil, dent pour dent".

Toute sagesse religieuse profonde voit la nécessité du pardon, la vérité inhérente à l'annulation des dettes. Jésus en a fait le pilier central de son enseignement moral et unifié de l'amour, directement issu de sa conscience mystique. Comme tout le monde, ses disciples ont du mal à appliquer l'enseignement du pardon.

La doctrine du Corps leur permet de ne pas renoncer à essayer et de continuer à le prôner même lorsqu'ils échouent. Dans la tradition mystique chrétienne - qui en est l'âme et le fondement - le Christ n'est pas un maître extérieur, dressé sur un pilier pour être adoré et admiré. L’imaginer ainsi le maintient à bonne distance et l'empêche de nous atteindre pour nous éveiller.

La vérité est que nous sommes le Christ.

Entrevue, même à moitié comprise, cette vérité bouleverse notre vision de toute chose, à commencer par nous-même.

Laurence Freeman OSB

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