Méditation chrétienne du Québec et
des régions francophones du Canada (MCQRFC)

29 juillet 2021

(Photo : Laurence Freeman, France)

Sagesse du jour                          (2021-07-29)

Pour les bouddhistes, "la nature de toutes choses est la vacuité". À cela, beaucoup répondent : "C'est très négatif et revient à dire que la vie n'est rien", ce qui est une interprétation totalement erronée. Comme le dit le Dalaï Lama, "la vacuité n'est pas le néant". Qu'est-ce que la vacuité ? La vacuité est une intuition - une intuition est une vérité éprouvée ; pas seulement une idée comme "Dieu est bon" ou "Dieu est amour", mais une expérience, une expérience spirituelle - c'est l'expérience ressentie que la vie est impermanente et interdépendante. En d'autres termes, "je n'existe pas seul". Physiquement, psychologiquement, affectivement, de toutes les manières possibles, mon être est imbriqué dans un grand réseau d'êtres - les autres personnes, le cycle naturel de la vie, tout. C'est donc une perception : tout est impermanent. Nous savons que c'est impermanent : regardez dans le miroir et vous verrez que la vie est impermanente. Nous changeons. Nos humeurs changent, nos corps changent, nos pensées changent, le monde change autour de nous. On pourrait penser que faire face à cette nature de la réalité, à la vacuité, est assez terrible et c'est probablement pour cela que nous ne voulons pas y faire face, parce que nous pensons que c'est terrifiant, que c'est un cauchemar - rien ne dure, et on ne peut même pas dire que rien n’existe en soi. Et pourtant, comme le disent les bouddhistes, lorsque vous avez cette vision du vide, le signe que vous ressentez est la joie. Je pense que c'est une sagesse spirituelle universelle. Il existe un langage chrétien pour cela : la "pauvreté d'esprit", qui est la première des béatitudes. Jésus a dit : "Heureux les pauvres de cœur, car le royaume de Dieu est à eux. (Mt 5, 3)

Laurence Freeman OSB, Grace at Work

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