Méditation chrétienne du Québec et
des régions francophones du Canada (MCQRFC)

13 janvier 2022

(Photo : Laurence Freeman, Italie)

Sagesse du jour

Je pense que vous pouvez comprendre la théophobie négative de la Bible en partie, comme je le disais,  par un surmoi intériorisé, par le besoin d'être dans le vrai, d'être assuré à 100% d’être sauvé, vous et tous les vôtres, en ne fréquentant que des personnes qui sont sauvées. C'est une attitude ancrée dans certaines traditions religieuses fortes, dans une carte de la pureté : il y a des gens qui sont purs et d'autres qui ne le sont pas, des gens qui sont des pécheurs tels que nous les voyons dans la Bible et d'autres qui ne le sont pas. Jésus franchit clairement les limites de cette carte de la pureté et mange avec les pécheurs, les collecteurs d'impôts, les prostituées, etc. Il est donc clair que cette image de Dieu dans le surmoi n'avait aucun pouvoir sur son inconscient, et c'est l'une des raisons pour lesquelles il était si menaçant pour le système religieux de son époque. Il devrait aussi être très menaçant pour toute forme de christianisme qui le soutient encore, qui se construit sur ces images intériorisées du surmoi, sur le besoin d’être dans le vrai. Ce besoin d'avoir raison est renforcé par votre droit, en tant que personne sauvée, de jouer le rôle de Dieu et de punir les autres ou, d'une manière perverse, de vous punir vous-même parce que vous êtes un pécheur. C'est donc une forme de peur.

Laurence Freeman OSB,  The Unconscious and Grace

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