Pourquoi méditer en petite communauté ?

Les méditants (es) qui se rencontrent sur une base hebdomadaire ne forment pas un groupe social, mais une communauté vivante qui apprend à s’apprivoiser, à se connaître dans le silence complice et le regard bienveillant.

Riche en humanité, la communauté spirituelle de méditation essaime en étant toujours accueillante envers les nouveaux venus, c’est sa fécondité, et cherche toujours à rejoindre de nouvelles personnes et de nouveaux milieux, c’est sa mission.

Elle approfondit d’abord et avant tout les enseignements de John Main et de Laurence Freeman, tout en privilégiant comme eux les Écritures.

(Yvon Théroux)

La base de la Communauté mondiale de méditants chrétiens, ce sont les centaines de petits groupes qui se réunissent chez des méditants, dans des paroisses, des écoles, des prisons et des hôpitaux, dans plus d’une soixantaine de pays dans le monde. La participation à un groupe est une dimension importante de la voie de la méditation. D’abord, le groupe est un lieu d’enseignement, où les éléments essentiels de la méditation chrétienne tels qu’ils nous sont transmis par John Main et Laurence Freeman sont enseignés, et où sa nature ancienne et authentiquement chrétienne se renforce. De plus, le cadre des réunions du groupe en fait un lieu accueillant et rassurant pour les nouveaux méditants.

En second lieu, lorsque l’on chemine sur la voie spirituelle, il est important d’être en compagnie de gens de même sensibilité. Seul, ce n’est pas un chemin facile ; le soutien et l’encouragement discrets de personnes qui sont sur le même chemin sont inappréciables. John Main insistait beaucoup sur l’importance des réunions hebdomadaires de méditation. Il y était incité par sa conviction que « la méditation crée la communauté ». Les hommes et les femmes sont fondamentalement des êtres sociaux, et nous sommes influencés de manières subtiles par ceux et celles avec qui nous nous associons. Mais il pensait aussi à l’effet de la prière : « Lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux, » dit Jésus dans l’évangile de Matthieu. Sa présence crée un lien de plus en plus fort entre les gens qui prient ensemble, et de ce lien émerge un sens de la communion, le désir d’encourager les autres et se soutenir mutuellement.

C’est le cas, particulièrement, dans la prière silencieuse. C’est le silence qui constitue l’essence de toute réunion d’un groupe de méditation. En répétant fidèlement notre mot nous sommes conduits dans le profond silence qui se trouve au centre de notre être, là où demeure le Christ. Dans ce silence, nous découvrons notre vrai soi et ce faisant, nous prenons conscience que nous ne sommes pas isolés, nous ne sommes pas des êtres individuels, mais nous sommes interconnectés les uns avec les autres, avec la Création et avec le Divin. Il ne s’agit donc pas d’un silence individuel, mais d’un silence partagé ; c’est le silence qui nous unit vraiment. De plus, c’est le souvenir de ce silence en groupe qui nous soutient et nous aide à rester fidèle à notre pratique individuelle biquotidienne à la maison, ou à redémarrer si nous avons eu un moment de faiblesse. […]

La méditation chrétienne se rattache de bien des façons à la vie des chrétiens des premiers siècles de notre ère. Non seulement John Main a redécouvert la prière silencieuse à l’aide d’un mot de prière dans les écrits de ce temps-là, mais même le cadre dans lequel les premiers chrétiens se rencontraient pour prier était similaire : eux aussi se réunissaient en petits groupes dans des maisons ou des lieux de rencontre.

(Extraits de la Lettre n. 12 de L’école internationale de méditation chrétienne, L’importance du groupe de méditation hebdomadaire, par Kim Nataraja)