Fruits spirituels et bienfaits psychophysiologiques

Fruits spirituels

« En méditation, nous cherchons à démonter les barrières que nous avons érigées autour de nous, qui nous coupent de la conscience de la présence de Jésus dans notre cœur… une fois que nous entrons dans la conscience humaine de Jésus, nous commençons à voir comme il voit, à aimer comme il aime, à comprendre comme il comprend et à pardonner comme il pardonne. »

(John Main, En quête de sens et de profondeur)

La prière silencieuse étant une manière de vivre et de marcher selon l’Esprit, son fruit spirituel est « l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance. » (Ga 5, 22)

« La méditation, c’est une conscience claire de tout événement, un souffle apaisé, un accord avec le monde. »

Blaise Pascal (1623-1662)

La méditation pratiquée en communauté consolide l’unité des liens interpersonnels, que ce soit en couple, en famille, dans les salles de classe, en communauté d’appartenance ou lors de rassemblement laïque, œcuménique ou interreligieux.

Bienfaits psychophysiologiques

« Le besoin de méditer est inhérent à l’âme et touche de plus en plus consciemment et largement notre humanité. Les neurosciences témoignent d’ailleurs des bienfaits durables de la méditation sur le fonctionnement cérébral. Ainsi, méditer provoque une stimulation du cortex frontal gauche, responsable des émotions positives comme la joie, la sérénité, la compassion et inhibe les sentiments négatifs comme la colère, la tristesse, la dépression, associés à l’activité de l’aire frontale droite. De plus, des courants cérébraux oscillatoires de haute fréquence (environ 40 hertz) apparaissent dans un cerveau en méditation. Ces ondes gamma synchroniseraient et unifieraient les aires cérébrales distantes. Elles déclencheraient ainsi une vigilance extrême, une forte concentration et des capacités cognitives supérieures, en un mot un élargissement de la conscience. »

(Aude Zeller, Le besoin de méditer, dans ‘‘La chair et le Souffle’’, no. 2, 2014)

Au plan physiologique, Christiane Angelard, thérapeute en santé globale, discerne 7 bienfaits de la méditation : 1- réduction des douleurs et amélioration du système immunitaire; 2- réduction du sentiment d’anxiété, de dépression et de confusion; 3- amélioration de la vascularisation et apaisement du rythme cardiaque; 4 – procuration d’un sentiment de calme, de paix et d’équilibre 5 - clarification des pensées; 6 – augmentation de la qualité de l’énergie; 7- et réduction du stress.

Kim Nataraja, responsable pendant plusieurs années de l’École internationale de méditation, mentionne qu’en produisant ces effets corporels énumérés plus haut, la méditation « affaiblit le besoin compulsif à la base de toutes les dépendances, lesquelles ne sont qu’une tentative négative de réduire le stress. Les patients souffrant de maladies graves, telles que maladies de cœur ou cancers, trouvent que cette diminution des tensions améliore leur forme physique et leur état d’esprit, et semble même stopper ou ralentir la progression de la maladie. »

(Lettre n. 16 de l’École internationale de méditation chrétienne)

L’IRM qui permet de visualiser avec précision les aires du cerveau activées lors de la pratique méditative, montre que le cerveau se modifie, non seulement dans son fonctionnement, mais aussi dans son anatomie; l’amygdale cérébrale, qui pilote les réponses de stress et d’angoisse face aux menaces, est réduite par rapport aux non-méditants. Chez les méditants experts, la production d’oscillations gamma synchronise des zones cérébrales distantes et provoque un état de conscience accrue de soi et de son environnement (Antoine Lutz). Le fait de passer 47% de notre temps à penser à autre chose que ce que nous sommes en train de faire serait un facteur contribuant à notre malheur (Matthew A. Killingsworth et Daniel T. Gilbert). Le contrôle de notre attention, fruit d’une discipline de méditation régulière, contribuerait donc à notre bien-être en la libérant d’une mobilisation totale due à une perception particulière, et devient plus réceptif à l’inédit. Le méditant trouve dans sa pratique un complément à la chimie médicamenteuse, pour contrôler par exemple la douleur, et devient acteur de sa propre guérison. La méditation accentuerait également la capacité de ressentir la souffrance des autres dans sa propre chair (Michel Le Van Quyen).

(Claire Aubé, Quand la science s’en mêle; les vertus neurologiques de la méditation, dans ‘‘Méditation, les pouvoirs de l’esprit’’, L’OBS Hors-série, p. 38-39)