Méditation chrétienne du Québec
       
 

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Dans la méditation, nous ne divisons pas, nous unifions.
Le mantra nous y amène graduellement.
John Main

   

 


Vidéos
Ben Driss et Freeman

Dialogue oecuménique et interreligieux

 

Extraits vidéos de la conférence

La pratique, chemin de perfection, mythe ou réalité.
à la Librairie Paulines le 23 septembre 2010

Laurence Freeman osb

 accompagnateur spirituel
de la Communauté mondiale
de la Méditation chrétienne

Karim Ben Driss

auteur, enseignant et fondateur de l’Institut soufi
de Montréal


Michel Boyer, coordonnateur, Karim Ben Driss, Laurence Freeman osb

 

N.B. Soyez patient, attendre la mise en mémoire tampon des vidéos.

 

 

 

 

Karim Ben Driss et Laurence Freeman osb
           23 septembre 2010 à Montréal


Commentaires et appréciations :
par Yvon R. Théroux    


« On a pu définir le fanatisme par l’absence       de dialogue. La conscience au contraire est dialogue. »  J. Lacroix(1)


Ce dialogue entre Laurence Freeman, bénédictin et accompagnateur spirituel de la communauté mondiale de méditation chrétienne et Karim Ben Driss, directeur de l’Institut soufi de Montréal, fut un moment délicieux. Les personnes présentes ont pu non seulement constater mais vivre pleinement un dialogue enrichissant à partir  de l’expérience vécue au cœur de deux traditions monothéistes. Les convergences étaient nombreuses et les différences respectées. Les gens de tous les horizons culturels et religieux me semblent rendus maintenant à cette ouverture, à cette capacité d’entrer en dialogue ensemble, sans plus. De nombreuses initiatives en ce sens sont dès lors vécues ici et ailleurs de par le monde. Il y a donc aussi une « mondialisation » de la réalité spirituelle et religieuse. Et, c’est heureux qu’il en soit ainsi.


Ce dialogue contemporain, interreligieux en particulier, s’est réalisé avec les éléments incontournables mis de l’avant par Jean-Claude Basset(2), à savoir 1) la rencontre de personnes de diverses appartenances; 2) échange de paroles qui sont intelligibles et puisent dans le corpus sacré des écrits de telle ou telle tradition; 3) la réciprocité selon « laquelle aucun des partenaires ne peut se prévaloir d’un privilège qu’il n’est pas prêt à reconnaître à ses interlocuteurs (2) »; 4) l’altérité car « à la base du dialogue, il y a la différence ou l’altérité, reconnue comme fondement de l’espace interpersonnel et possibilité d’ouverture et de devenir, et non comme source d’aliénation. (2) »; 5) l’«enjeu dernier du dialogue entre croyants de différentes convictions n’est rien de moins que l’adhésion à un absolu, sa transmission et sa pratique. (2) »


Yvon R. Théroux                      
                                        

  1. Lacroix, J., Le Sens du dialogue, Neuchâtel, 1944, 1965 (2e édition), p.7
  2. Basset, Jean-Claude, Le dialogue interreligieux. Histoire et avenir. Chance ou déchéance de la foi. Paris, Cerf, 1996.  503 p.

 

INTRODUCTION : Pour une définition de la fonction même du dialogue : « Un échange de paroles et écoute réciproque engageant deux ou plusieurs personnes, à la fois différentes et égales. » Jean-Claude Basset.


Le soufisme est né pratiquement avec l'Islam, cependant le terme tasawuf n'est apparu qu'aux confins des IIe et IIIe siècles de l'hégire. Un groupe de spirituels chi'ites aurait été le premier désigné sous le nom de soufis. Parmi eux un certain 'Abdak (210/825) antérieur à Jonayd et son maître Sari al-Saqati.
La Tradition du Prophète abonde en préceptes mystiques. N'est-ce pas lui qui incita à une lecture ésotérique du Coran?


Le soufisme est le mysticisme de l’Islam. Comme tout mysticisme, le soufisme est avant tout une recherche de Dieu et son expression peut prendre des formes très différentes.


Le fondement du soufisme: "Qui connaît Dieu l'aime, et qui connaît le monde y renonce ».
Abu Thawr al Kalbi laissa une quinzaine de traités dont Kitab at Tawhid (le Livre de l'Unicité) et Kitab al-Fana' (le Livre de l'Extinction). Il disait à propos de l'absorption mystique (al Fana'): "le soufisme, c'est que Dieu te fasse mourir à toi-même et vivre en lui".


L'ultime sinon la figure la plus marquante de l'histoire du soufisme: Ibn 'Arabi.  (Karim Ben Driss l’a évoqué à quelques reprises). Al cheikh al akbar ou Ibn 'Arabi est sans conteste celui qui donnera tout son sens au soufisme tant par sa pratique que par les centaines d'ouvrages qu'il a rédigés.
En outre le soufisme n’a aucune unité. Chaque maître se constitue une cohorte de disciples attirés par la réputation de son enseignement. Tout au plus, ces maîtres déclarent se rattacher à une "confrérie ", elle même fondée par un célèbre soufi des siècles passés. Karim Ben Driss a son maître, toujours vivant au Maroc.


C’est cependant par sa spiritualité que le soufisme est le plus original.
Dans la conception soufie, l’approche de Dieu s’effectue par degrés. Il faut d’abord respecter la loi du Coran, mais ce n’est qu’un préalable qui ne permet pas de comprendre la nature du monde.
(Tel qu’affirmé par Karim Ben Driss) : L’homme, par exemple, est un microcosme, c’est-à-dire un monde en réduction, où l’on trouve l’image de l’univers.


En approfondissant la connaissance de l’homme, on arrive à une perception du monde qui est déjà une approche de Dieu. (Une idée chère à Karim Ben Driss)
" L’homme est un miroir qui, une fois poli, réfléchit Dieu ".
Le Dieu que découvrent les soufis est un Dieu d’amour et on accède à Lui par l’Amour. (Karim Ben Driss a paraphrasé cette idée maîtresse du soufisme).
La recherche de Dieu par le symbolisme passe, chez certains soufis, par la musique ou la danse (cf. : Derviches tourneurs) / expérience extatique.


Laurence Freeman osb : Ce sont des accents que ne désavoueraient pas les mystiques chrétiens.
L’initiation soufie, qui permet une re-naissance spirituelle, n’est pas sans rappeler le baptême chrétien.
Par la répétition indéfinie de l’invocation des noms de Dieu le soufi recherche son union avec Dieu. C’est comme le mantra dans la  méditation chrétienne. La répétition imprime sur le cœur le mantra « Maranatha » tiré des Écritures.


Il y a une dimension poétique et mystique dans le soufisme comme chez les grands mystiques chrétiens : Jean-de-la-Croix, Thérèse d’Avila etc.
Le recueillement : s’unifier intérieurement, faire l’unité en soi.
L’attention : l’essence de la connaissance de soi, du monde, de Dieu
Le silence : l’incontournable manifestation de la rencontre de soi avec Dieu
L’écoute : la méditation est une prière silencieuse de l’écoute de l’Autre, tel qu’Il est, tel qu’Il se dit à moi.

           

   
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